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Le travail pour la femme d’expat aux USA est un sujet qui pose problème. Elle part souvent bercée de rêves et d’illusions vers ce beau pays de la réussite, qui, malheureusement, lui ferme souvent les portes de son marché de l’emploi. Quelles sont les conséquences de cette situation et quelles sont les répercussions psychologiques pour les femmes : faisons le point dans cet article.

Le retour dans la sphère domestique

Le travail pour une femme d’expat aux USA est facteur de difficultés, et cela reste une perspective qui s’éloigne d’elle souvent un peu plus chaque jour. Pourquoi ? Parce que les USA sont une destination de réussite qui privilégie les hommes. C’est donc son conjoint, qui pour une femme, est le moteur de l’aventure et le porteur de la réussite du projet. L’importance de son travail à lui, justifie donc qu’elle abandonne le sien. Ainsi, plus ou moins consciemment, l’expatriation à but économique vers les USA, nécessite pour les femmes de se remettre sous la protection des hommes.

Le premier travail qu’une femme d’expat aux USA va connaître est de fait, celui d’épouse et mère. Avec les responsabilités qu’il occupe, son conjoint est souvent en déplacement et se retrouve loin de sa famille. Les femmes n’ont alors d’autres choix que de se tourner vers la sphère familiale pour pallier à ses absences auprès des enfants. Affairées au bien-être de tous, elles sont un renfort et un soutien constant pour chacun, en écoutant, consolant, encourageant… Elles vont commencer ainsi à se construire dans ce nouveau pays, à travers le bonheur de leurs proches, qui va exercer sur elle une forme d’emprise et d’obsession. Pour trouver du travail, une femme d’expat aux USA devra donc d’abord être capable de s’extraire de cette forme de réclusion dans la sphère domestique.
Malheureusement, pour celles dont les enfants sont en bas âge, cela reste très difficile, la politique des pouvoirs publics au niveau de la petite enfance les renvoyant vers leur foyer (pas ou peu de crèches et d’écoles maternelles aux États-Unis).

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Le statut de « conjoint suiveur » aux USA

D’entrée, on peut dire que le statut de « conjoint suiveur » est fait pour éloigner les femmes expatriées du marché du travail américain. Dans ce pays qui protège farouchement ses emplois, la place de la femme d’expat est dans son foyer. Cela se traduit pour elle de façon structurelle, au travers des multiples difficultés qu’elle peut rencontrer pour avoir l’autorisation légale de travailler. Nous ne ferons pas un exposé ici de la difficile question du visa de travail aux USA (qui se complexifie en permanence avec l’administration Trump), mais il convient de savoir que le visa d’un conjoint « suiveur » est étroitement lié à celui du  conjoint sous contrat avec une entreprise américaine. Certains documents mentionnent clairement la mention « dépendant » sur le visa de l’épouse, ce qui va hautement la pénaliser dans une recherche d’emploi.
Concrètement, cela signifie qu’elle n’a pas la main sur son temps, car ce sont les dates liées à la validité du visa du conjoint qui déterminent sa disponibilité sur le sol américain. Une femme d’expat part donc avec le handicap du tribut qu’elle paye à son conjoint, vis-à-vis d’un quelconque employeur.
Ensuite, être conjoint « suiveur » et dépendant n’incite pas à l’embauche. D’abord, parce que les travailleurs locaux sont privilégiés, mais aussi parce que l’on estime que ces femmes n’ont pas besoin de travailler. D’ailleurs, le peuvent-elles vraiment ? Il y a dans le terme même de « dépendant » une notion de besoin et d’inertie qui ne porte pas vraiment à les croire en possession de quelques talents.

Le travail de la femme d’expat aux USA

Pays protectionniste et figure importante de la mère au foyer : on le voit, la question du travail pour la femme d’expat aux USA est compliquée par des spécificités culturelles assez inattendues. Et d’autres existent encore.

Citons le cas du bénévolat, ou du « volunteer » qui est un peu une institution dans ce pays où l’initiative et le concours au bien de la communauté est toujours encouragé. Le « volunteer » est ainsi une pratique vers laquelle les femmes d’expat sont naturellement portées, ne serait-ce que par l‘école de leurs enfants, qui va naturellement les solliciter. Or, si elle peut les aider à s’intégrer socialement, notamment par la pratique de la langue et le contact avec les Américains, cette pratique est à double tranchant. Bien souvent, les femmes s’y dirigent en cherchant à retrouver un sentiment d’utilité. Mais la contrepartie qu’elles peuvent en attendre n’a rien à voir avec celle qu’un travail rémunéré leur offrirait. Elle exclut, en effet, toute reconnaissance autre que symbolique, ce qui nécessite de s’y investir avant tout dans un but purement altruiste. Faute d’avoir compris cela, les femmes dont le travail n’a « pas de prix », risquent de se retrouver confrontées à ce sentiment « d’invisibilité » qu’elles endurent déjà au sein de leur foyer.

D’autres obstacles guettent encore les femmes d’expat en quête d’un emploi aux USA.
Citons, la barrière de la langue, qui devient un problème sans fond : sans travail, difficile de parler, et sans bien parler, difficile de travailler… Le pays de la prospérité triomphante est aussi aujourd’hui le pays des petits boulots, où il faut collectionner plusieurs emplois pour arriver à cumuler un salaire. Trouver du travail pour une femme d’expat aux USA exige d’elle qu’elle démultiplie ses capacités d’adaptation et ses qualités d’ouverture aux autres (le réseautage est déterminant pour celles qui recherchent un emploi qualifié).

Rares sont les femmes d’expat qui réussissent à occuper un emploi à la hauteur de leurs attentes aux USA. La mobilité et la réussite de l’homme passe souvent par le renoncement, du moins temporaire, à leurs ambitions. Mais ce renoncement ne doit pas tourner au sacrifice sous peine de compromettre leur équilibre psychologique. Se désocialiser, se retrouver privée de réalisation personnelle et de reconnaissance, perdre son indépendance financière : tout cela a un coût en termes d’estime de soi, d’anxiété et de dépression. Pour ne pas que cela pèse au final sur le couple et l’équilibre familial, un accompagnement est parfois nécessaire pour rebondir.

Pascal Couderc, psychologue pour expatrié aide les conjointes d’expat aux USA à retrouver confiance en elles et à relever le défi du choc culturel. Aide francophone à distance et sur Skype.

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