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La dépression du conjoint suiveur, est, comme toutes les dépressions, est un état de souffrance psychique lié à une perte, souvent mal identifié et mal vécu par les proches. Lorsqu’elle frappe un conjoint d’expatrié,  soucieux de soutenir son partenaire et de réussir l’aventure, elle se vit en plus dans la culpabilité. Pourtant, compte tenu des sacrifices auquel il consent, cette dépression n’apparaît pas par hasard.

 

Un phénomène majoritairement féminin

  La dépression du conjoint suiveur en expatriation concerne les femmes, qui par amour et attachement inconditionnel à leur famille, acceptent de mettre en sourdine leur carrière professionnelle en partant. Cette situation concerne moins leurs homologues masculins, car même si le phénomène progresse, les hommes restent minoritaires à partir aux côtés de leur compagne. La raison invoquée pour refuser de suivre reste, on s’en doute, la peur de ne pas retrouver sur place de situation professionnelle. Par conséquent, un tiers des femmes qui souhaitent s’expatrier pour raisons professionnelles le font seules, le célibat géographie étant chez elles souvent la norme. Dans ce contexte où l’expatriation reste synonyme de sacrifice pour les femmes, on ne s’étonnera donc guère que la dépression du conjoint suiveur les frappe. Détail intéressant : 70 % des femmes d’expat sont diplômées et poursuivent souvent des carrières intéressantes avant leur départ. La désorientation n’en est que plus grande lorsqu’elles se retrouvent confinées dans une vie facile, mais dénuée de toute évolution personnelle.  

Les sentiments du conjoint suiveur

  Comment s’installe la dépression d’un conjoint suiveur ? Toutes les femmes qui la subissent s’accordent sur un sentiment pénible de vide, lié à la perte de leurs occupations antérieures. Plus qu’un job, elles perdent leur vie sociale, une stimulation quotidienne et un pilier important de leur équilibre. Insidieusement, un écart va se creuser avec le conjoint, qui rentre chaque soir, encore chargé des préoccupations d’une vie professionnelles trépidante. Les attentes en termes de communication vont donc différer de part et d’autre, ce qui creuse un fossé d’incompréhension. Isolées dans la sphère domestique, les femmes éprouvent fréquemment des sentiments ambivalents. Une certaine colère peut naître à l’égard de cet époux, responsable de leur odyssée, mais qui poursuit lui, insouciamment son chemin… Conjointement, la culpabilité s’en mêle, car elles se sentent fautives de leur négativité. Elles savant que ce sont elles qui ont accepté de partir et qui par fierté, ont du mal à admettre l’échec. Enfin, la souffrance que fait naître la dépendance matérielle occupe une place que l’on minore dans la dépression du conjoint suiveur. C’est certainement son aspect symbolique qui la rend si difficile à porter. Pour des femmes qui ont appris à gagner autonomie et respect par le travail, s’amuser avec de l’argent qu’elles n’ont pas gagné crée une forme de tension qui les mène à culpabiliser et à déprimer.  

 

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La dépression du conjoint suiveur

  Certains symptômes de la dépression du conjoint suiveur peuvent s’installer à la faveur d’un malaise qui dure. Chaque cas est différent car chaque femme va, selon sa situation propre, tenter de retrouver du soutien. Souvent, c’est la famille qui est sollicitée en premier. Elle peut être d’un appui précieux, même si parents ou amis fidèles sont peu familiers avec le pays d’accueil. S’en remettre aux siens exacerbe le mal du pays et peut finir par conduire à l’isolement et au retour. Rappelons que le déclenchement d’une dépression se nourrit toujours d’une perte. La situation de la femme d’expat lui offre donc un terrain privilégié, avec le deuil de son identité antérieure et de son autonomie. Les symptômes les plus courants de la dépression du conjoint suiveur, se traduiront par des troubles du sommeil, des maux de tête, des idées noires, des crises de larmes, une baisse de la libido… Si l’autre conjoint s’enferme dans l’impuissance ou l’indifférence, les problèmes de sa compagne peuvent dégénérer en addictions (dépendances alimentaires comme la boulimie, alcool, antidépresseurs…). Les signes de la dépression sont aujourd’hui bien connus et authentifient ce mal-être comme une maladie affectant la santé mentale. Les personnes en souffrant manifestent un désintérêt généralisé pour l’existence, un ralentissement général ou une hyperactivité, une dévalorisation importante, des troubles cognitifs… Certains déprimés anxieux s’accrochent à leur compagnon de façon excessive, quand d’autres, au contraire, lui manifestent rejet et agressivité. Il est préférable, bien sûr d’être réceptif au désespoir d’un conjoint suiveur, bien avant que les problèmes n’affectent sa santé physique. Lorsque le dialogue est rompu, il est possible de réapprendre à se comprendre en passant par l’aide d’un psychologue pour expatrié. Que peut faire ce professionnel ? Faire parler chacun et identifier les blocages pour amener les protagonistes à trouver des solutions, lorsqu’elles peuvent encore être trouvées. Pour certains couples, la psychothérapie peut conduire à évoquer le retour, préférable à un divorce ou à la maladie de l’autre partenaire. Pour d’autres, il sera question de comprendre les angoisses d’un partenaire qui ne travaille plus, pour le rassurer sur sa place au sein du couple. Pour d’autres, enfin, il sera question d’aider sa moitié à assurer son avenir, en ne tenant plus peut-être pour gratuit, ce sacrifice qu’elle fait justement, en acceptant de « suivre ».

Pascal Couderc, psychanalyste et psychologue clinicien depuis plus de 30 ans, aide déjà de nombreuses femmes, expatriées à travers le monde, à supporter leur mal de vivre. pour le contacter, c’est ici.  

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