L’enfant expatrié

 

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Né à paris, il peut grandir à Tokyo, devenir adolescent aux Philippines et partir étudier au Canada : l’enfant expatrié est un enfant du monde. Le nombre de ces enfants français de l’étranger subit une  augmentation constante. Il vient grossir la tribu des TCK, les « third Culture child », enfants de la troisième culture, comme les définissent les spécialistes. Leur identité se dessine dans la multiplicité des repères culturels autour desquels ils se construisent. Ils se forgent une culture qui ne sera ni celle des pays traversés, ni celle de leurs parents.

Enfant d’expatrié, qui es-tu ?

Un enfant d’expatrié va parler plusieurs langues et se nourrit très tôt de rencontres nombreuses, de changements et d’expériences singulières. Quand on lui demande d’où il vient, les réponses d’un enfant d’expatrié sont confuses. Car il appartient à tous les carrefours culturels qu’il traverse, sans n’en revendiquer aucun. Souvent à cheval entre plusieurs pays et plusieurs langues à la maison, il lui est difficile de se déterminer. Plus tard, c’est un enfant qui pourra ressentir des difficultés à faire des choix, notamment dans sa carrière. Les parents sont le vrai port d’attache, d’où leur importance pour son équilibre. Ils jouent un rôle déterminant pour lui apprendre à se relier profondément aux autres et à se construire des racines. Les expatriés doivent aussi veiller à ce que leurs enfants surmontent les chagrins liés aux départs, qui peuvent être autant de petits deuils. Très tôt, leurs capacités de résilience se développent.

Beaucoup de Français partis pour travailler à l’étranger, n’envisagent pas de finir leur vie ailleurs qu’en France. Ils tentent alors de transmettre leur culture d’origine, en accueillant celle du pays d’accueil. Compromis difficile, car les enfants sont parfois vite happés par les codes du pays d’accueil. La pratique de la langue natale cristallise alors la rupture, quand ces enfants bilingues rechignent à parler la langue de leurs parents à la maison. Cassure qui met en évidence le challenge de la famille expatriée, qui tente de préserver son identité native, en évoluant dans la différence.

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Être à l’écoute de ses difficultés

Plus fragiles que les autres, les enfants d’expatriés ? Non, car partir vivre à l’étranger se révèle au final une formidable ouverture sur le monde. Mais les ressources intérieures d’un enfant expatrié sont plus sollicitées. L’expérience des départs et des changements leur demande beaucoup d’efforts. Mieux  les parents s’adaptent à leur nouveau pays, mieux l’enfant aborde les ruptures. L’important pour lui est de ne pas sentir la coque protectrice de leur affection s’ébranler lors du choc culturel. Avant de s’expatrier, les parents devraient toujours préparer le départ avec lui. Car les réactions et les ressentis de l’enfant expatrié comptent beaucoup lors de ses diverses adaptations. Une absence de dialogue avant de partir ou un problème de langue avec ses nouveaux camarades peuvent le perturber. Les parents observent alors des changements dans son comportement : tristesse, mutisme ou colère et irascibilité. Des régressions comme le pipi au lit ou des difficultés scolaires et relationnelles doivent aussi alerter.

Pour autant, les capacités d’adaptation des enfants sont largement supérieures à celles des adultes. Les difficultés d’un enfant expatrié ne durent pas, dès lors que les adultes lui apportent une réponse adéquate. Les précautions élémentaires consistent à le préparer à partir à l’étranger, car quitter sa maison va être un grand chamboulement. L’attachement des plus petits à leur chambre s’explique par leur représentation de l’espace, perçu comme continu à leur propre corps. Se sentir perdus quelque part revient pour eux à être perdu en soi-même. Ils n’ont pas, de plus, la capacité de se projeter des adultes et exigent des réponses concrètes et immédiates à leurs questions. Une fois installée sur place, la famille expatriée doit veiller à ce qu’ils ressentent et s’efforcer d’aplanir les difficultés.

Comment consulter pour un enfant expatrié ?

Devant un enfant expatrié qui montre des troubles du comportement, comme des retards de langage, de l’insomnie, de la dépression ou des troubles alimentaires, les parents doivent réagir. Souvent, c’est guidée par son intuition qu’une mère expatriée part à la recherche d’un psychologue ou d’un psychothérapeute pour enfant. Dans bien des cas, le fait de consulter un psychologue en anglais ne l’aide pas à se sentir en confiance. Pourtant, les thérapies pour enfants se passent par le jeu, les dessins et les histoires. Elles peuvent donc se dérouler avec un thérapeute local. Si l’enfant est bilingue et maîtrise la langue du psy, les parents expatriés doivent mettre leurs réticences de côté. Avant de voir le psychologue, ils devront simplement penser à préparer leur premier rendez-vous. Noter ses idées et le vocabulaire important à l’avance est un bon début. Le thérapeute pour enfant peut aussi réaliser un compte rendu notant ses remarques pour aider parents et enfants.

La thérapie de la famille expatriée

Un point important est de ne pas négliger l’intérêt de l’entretien thérapeutique aussi pour les parents expatriés. Les consultations par Skype leur sont ouvertes pour qu’ils puissent exprimer mal être et anxiété dans leur propre langue. Il n’est pas rare que des parents expriment au nom de leur enfant, des angoisses tapies dans leur inconscient personnel. Envisager quelques séances de thérapie individuelle en tant que parent peut être nécessaire. Elles peuvent se faire conjointement ou indépendamment à une thérapie pour l’enfant.

Une psychothérapie d’enfant expatrié peut être suivie pas Skype lorsque les contacts avec le pédopsychiatre sur place sont trop compliqués. Dans ce cas, il faudra que l’enfant soit âgé d’au minimum 7 ans et suffisamment réceptif. Les meilleurs résultats avec un psy pour expatrié en ligne, sont obtenus chez les enfants de plus de 10 ans. Un détour par le cabinet du praticien en France aide, dans tous les cas, à établir une relation de confiance.

Pascal Couderc, psychologue clinicien et psychanalyste, écoute  tous les enfants « d’expat » pour les guider dans leur chemin d’adaptation. Pour mieux comprendre les souffrances psychiques des enfants et de toute la famille, il discute et met en place un suivi psychologique depuis la France. Il est possible d’amorcer une thérapie familiale, où que vous soyez dans le monde. Pour ne pas laisser des troubles psychologiques temporaires gâcher une adaptation et pour garder le bon cap, lors de cette grande aventure en famille.

 

 

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