Devenir femme d’expat aux USA est un projet d’expatriation plutôt stimulant au départ. Le rayonnement culturel des USA et leur puissance économique continuent d’attirer les expatriés français, en dépit du difficile contexte actuel du pays. Pourtant, l’acculturation y est rude pour les femmes et les déconvenues souvent nombreuses en tant qu’expatriée. Voici un aperçu des difficultés qui les guettent au pays de l’oncle Sam. 

Le choc culturel de la femme d’expat aux USA

L’une des grandes surprises d’une femme d’expat aux USA est de découvrir l’énorme différence culturelle qui existe entre ce pays et le sien. La proximité avec la culture américaine dans laquelle nous évoluons depuis notre enfance au travers des feuilletons télévisés est trompeuse à cet égard. Car dans cet immense pays, tout est différent : la langue, le mode de vie, la cuisine, mais aussi et surtout, les mentalités.

Le mal du pays d’une femme d’expat aux USA se fait donc rapidement sentir, car il est rare qu’elle ne se sente pas perdue au départ. Il y a une première raison à cela : la France, au regard des USA, est un tout petit pays et garder le contact avec est difficile. Les repères viennent donc à manquer. On peut citer celui important de la nourriture, nos traditionnelles gourmandises françaises (chocolats, fromages) étant difficiles à trouver, ou la carence de culture française qui pèse, et devient source de nostalgie. Difficile de maintenir un contact avec la vie culturelle française, les principales chaînes d’informations de notre pays étant inexistantes sur le territoire et le cinéma ou la musique françaises,  considérés comme très exotiques !

Autre difficulté rencontrée couramment par une femme d’expat aux USA : celle de se faire de nouveaux amis dans son pays d’accueil. Beaucoup pensent, au départ, qu’il est simple d’approcher les femmes américaines et de se refaire des contacts. Mais il n’en est rien, car la sociabilité à l’américaine est difficile à cerner. Si en surface, les nouvelles personnes se montrent très enthousiastes de vous connaître, leur attitude se borne souvent à un jeu social, qui ne sera pas suivi d’effet.

Il est donc difficile de nouer de nouvelles relations lorsque l’on arrive dans ce nouveau pays. Si l’on ajoute à cela que les Américains sont un peuple très ethno centré, nourrissant peu d’intérêt pour ce qui vient de l’étranger, on comprend qu’une femme d’expat aux USA soit obligée de se retourner vers sa communauté sur place pour se socialiser. Ces communautés d’expats sont précieuses, car elles permettent de rompre l’isolement et de bénéficier de tous les conseils pratiques dans le pays. Mais leur taille étant restreinte, elles contraignent rapidement à une vie de village, dominée par un certain conformisme. Il ne faut pas oublier les USA font partie des destinations de réussite où il est de bon ton d’afficher son niveau de vie et des valeurs matérialistes, ce qui ne correspond pas aux aspirations de toutes les femmes expatriées.

La difficulté de conserver une activité professionnelle

C’est la difficulté que toute femme d’expat aux USA doit anticiper avant son départ à l’étranger, car, contrairement à ce que l’on croit faussement au départ, les opportunités ne seront pas plus nombreuses sur le sol américain.  
Les femmes doivent d’abord anticiper la question de l’autorisation de travail, qui est étroitement liée au visa accordé à leur conjoint, car de lui dépend le type d’autorisation auquel elles ont droit. Cette autorisation met en général quelques mois pour être obtenue et nécessite de lourdes démarches administratives. Une autre mauvaise surprise attend les jeunes expatriés ayant des enfants en bas âge : il n’existe pas d’école maternelle aux USA (ou alors payantes et très onéreuses), car la société américaine estime qu’il est plus profitable aux femmes de rester auprès des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans. Enfin, bien sûr, l’intégration professionnelle n’est pas facilitée, le marché de l’emploi américain se composant de beaucoup de petits boulots et ne reconnaissant que très peu les diplômes étrangers.   
La femme d’expat aux USA doit donc repartir de zéro professionnellement, avec la pénible impression de devoir se réinventer très souvent. Les femmes d’expat aux USA ayant le plus de chances de poursuivre une carrière sont celles qui sont hautement qualifiées dans les domaines scientifiques, notamment au niveau des nouvelles technologies. Partir vers une région comme la Silicon Valley, où les Français sont nombreux à s’expatrier, est préférable aujourd’hui à l’expatriation pétrolière vers les villes du sud comme Houston. Dans les grandes villes comme San Francisco ou New York, il est plus facile aussi de faire du réseautage, élément important pour réussir à trouver du travail.        

Une majorité de conjointes d’expats français renoncent cependant à travailler aux États-Unis, ou y travaillent à des postes sous-qualifiés. C’est là l’une de leurs plus grandes causes d’insatisfaction. Insatisfaction qui n’est pas toujours compensée par les joies de la vie de famille, auprès d’un conjoint absent et qui confond souvent expatriation réussie avec réussite matérielle.  

Eduquer des enfants

C’est l’une des conséquences des différences de mentalités qu’une femme d’expat aux USA doit affronter : les normes d’éducation sont très différentes entre la France et ce pays. Les Américains sont portés par le mythe de « l’enfant roi» et éprouvent une admiration illimitée pour tout ce qui touche à leur progéniture. De nombreuses activités leur sont consacrées et un temps considérable doit être dévolu aux enfants. La discipline n’est pas de mise avec eux : il est interdit de les contrarier. Un enfant qui pleure dans un magasin est tout de suite synonyme de regards réprobateurs. Il est, en effet, très mal vu de les punir et de leur inculquer une quelconque rigueur : ce qui ne colle pas exactement avec nos bases éducatives européennes… Pas toujours facile donc, d’élever un enfant dans ce cadre, qui exerce une certaine forme de pression sur les mères étrangères. À cela, s’ajoute un autre problème : celui de conserver sa langue natale à la maison, car cet usage peut être mal vu du côté du corps enseignants, qui craint que cela ne gêne les enfants dans leur apprentissage de l’américain.    
La société américaine est très conformiste en matière de famille, ce qui la encore, peut représenter une grande surprise pour une femme d’expatrié français. La situation du droit des femmes subit d’ailleurs aujourd’hui un net recul dans ce grand pays des libertés.

Pascal Couderc, psychologue pour expatriés aident les Français établis aux USA à surmonter leurs difficultés d’acculturation. La thérapie sur Skype permet d’assurer un suivi en français et de pallier au manque de soutien rencontré lorsque l’on part vivre à l’étranger.

 

 

 

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