Le retour

Retour d'expatriation

Toute mobilité internationale s’accompagne d’un itinéraire où le retour n’est pas un passage obligé. Il concerne cependant tous ceux qui ont voulu s’expatrier pour ne vivre qu’une aventure temporaire. « Rentrer en France » sera toujours mieux vécu lorsque cela est volontaire, que lorsque cela est contraint. Le cas difficile des impatriés subissant l’épreuve d’un rapatriement en témoigne. On parle de syndrome de l’expatrié au retour, quand il y a une déchirure causée par la double appartenance à une terre natale et à un pays d’adoption. Le passage est difficile et exige un travail de réadaptation quelquefois sur plusieurs années.

Le syndrome de l’expatrié au retour

Un retour d’expatriation peut se concevoir comme l’aboutissement du parcours de l’enfant prodige qui rentrerait au bercail. On pense aux vers de Du Bellay :

« Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage (…) et en est revenu plein d’usage et raisons, vivre entre ses parents, le reste de son âge ».

Mais le vécu de ces « revenants » diffère du tout au tout de cette ambiance poétique ! Bien souvent, c’est le syndrome de l’expatrié et son cortège de troubles, qui guette, dès l’atterrissage.
En remettant les pieds sur le sol français, l’«expat » doit s’attendre à surmonter un nouveau mal du pays. Il va s’agir pour lui d’aborder une nouvelle phase d’adaptation, qui passe encore par une période de transition. Parler de choc culturel inversé, n’est pas toujours juste, car il n’existe pas d’itinéraire linéaire pour un impatrié. Va-t-il rester ou repartir vivre à l’étranger ? La question se pose toujours quand on a goûté au fruit défendu d’une autre culture.

Le syndrome de l’expatrié pour celui qui rentre, c’est le sentiment d’être étranger à son propre pays. Car après avoir passé longtemps loin de la terre natale, les Français de l’étranger reviennent transformés par l’expérience de l’expatriation. En rentrant, ils rompent à nouveau leurs amarres et affrontent encore le deuil du départ. Très vite, ils ressentent : nostalgie de leur vie « au loin », vide laissé par les amis sur place, souvenirs encore présents… Un atterrissage rude, qui les remet en situation de se mobiliser pour s’adapter. À cela s’ajoute en plus la perplexité de l’entourage qui n’est pas préparé au syndrome de l’expatrié au retour. Même si, par ailleurs, le monde se globalise et que la quête de soi se fait dans la diversité.

Le dilemme de la réadaptation

La réadaptation à son propre pays et à sa mentalité est toujours facteur de stress pour un expatrié français. Il peut passer par une période de fatigue intense due au changement de rythme de vie. Mais il peut aussi se retrouver confronté à un mal-être plus profond.

Celui qui rentre n’est pas celui qui est parti.

Le syndrome de l’expatrié imprime chez celui qui le porte l’empreinte d’une culture étrangère profondément inscrite en lui. La déprime du retour lors d’une expatriation s’explique ainsi. Il existe un décalage entre ce que l’impatrié est devenu et ce que son contexte culturel natal exige de lui.

Les individus vivent cela dans un profond inconfort psychologique.

Partis travailler à l’étranger, ils avaient choisi la liberté, et voici qu’ils se retrouvent isolés, incompris et réduits à l’impuissance. La perte d’estime de soi peut être importante. Elle est plus forte pour ceux, qui, faute de trouver un emploi, se réfugient sous le toit familial.

Des stratégies d’adaptation

Pour se réadapter, on observe des stratégies relationnelles chez les plus nombreux, qui tendent à la conformité sociale. Ils aménagent leur discours en occultant en eux la partie de leur vécu qui « dérange » leur nouvel environnement. Le prix à payer pour cette adaptation est de multiples petits renoncements  à sa vie passée. Sur la longueur, ils risquent de constituer autant de petites trahisons à soi-même. Cet effort constant est fatigant et peut se révéler à la longue dangereux psychologiquement. Il peut ouvrir la brèche à un état dépressif latent qui s’immisce sournoisement. L’impatrié peut tenter d’enfouir des pans entiers très enrichissants de sa vie antérieure. Son silence renferme alors des souffrances très profondes. Souffrances d’autant plus dangereuses, qu’elles risquent d’être durables. Pour échapper au silence qui étouffe, recourir à un psy pour expatrié se pose comme une alternative. L’entourage se révèle trop souvent source de culpabilité pour l’impatrié incompris. Il mettra pour cette raison, un point d’honneur à ne souvent rien révéler de son état émotionnel. Il craint, en effet, d’être atteint dans sa vulnérabilité.

dépression post retour

La dépression post retour

Le décalage culturel que l’expatrié affronte à son retour est éprouvant sur le plan psychologique. L’incompréhension de l’entourage vient le renforcer, car ce dernier ignore les mutations personnelles opérées à l’étranger par un impatrié.

Il existe des familles pour qui  l’expatriation s’apparente à une sorte de mésalliance, qui, après avoir fait rêver, se doit d’être oubliée.

Dans ce contexte, la déprime après un retour d’expatriation peut correspondre à un besoin de détachement pour s’isoler. Il s’agit d’atténuer un atterrissage trop brutal, avec la réalité, et avec les siens. Dans ses effets, le syndrome de l’expatrié ou « mal du nomade » est souvent difficile à saisir. Il se manifeste de façon diffuse, sous forme :

  • d’insomnie et troubles de l’alimentation ;
  • de tristesse, de chagrin, mélancolie et de perte de la joie de vivre ;
  • d’isolement et de rumination ;
  • de perte de confiance en soi, de culpabilité, et d’impuissance ;
  • d’instabilité de l’humeur alternant euphorie et abattement complet ;
  • d’incapacité à se projeter dans le futur ;
  • de stress et d’angoisse…

Le cumul de certains de ces signes et leur persistance dans le temps, signalent l’existence d’une vraie dépression post retour. Il ne s’agit plus alors d’un simple syndrome d’expatrié, mais d’une vraie maladie, qui nécessite une prise en charge. Chez les individus les plus fragilisés, la dépression post retour aboutit à des attitudes de repli total. Non repérées à temps, elles peuvent engendrer haine de soi, idées suicidaires ou auto mutilation.

La dépression est un mal à ne jamais prendre à la légère. Il génère souffrances et échecs à répétition dans la vie des individus.

L’accompagnement d’un psy pour expatrié

Quand les souffrances de l’expatrié s’intensifient au retour, il faut chercher de l’aide, en parler à son médecin et trouver un thérapeute compétent.
Pascal Couderc, psychothérapeute clinicien, accompagne les expatriés et leur famille avant et après leur retour en France. Il peut arriver qu’une famille entière soit touchée par une dépression post retour. Il est important d’avoir recours à une aide psychologique appropriée, afin que les troubles psychiques des uns ne contaminent pas l’ensemble du foyer.
Pour prendre contact, c’est ici.